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MESSAGE
DE SON EXCELLENCE LE PROFESSEUR PASCAL
LISSOUBA PRESIDENT FONDATEUR DE
L'U.PA.D.S AUX CADRES ET MILITANTS DU
PARTI. LONDRES le 26 Juillet 2004 .
Mesdames
et Messieurs,
Chers
camarades,
Il
y a presque sept ans que le Congo, notre
pays, a connu un sanglant coup d'État
et l'arrêt brutal de sa jeune
démocratie. Depuis, malgré notre bonne
volonté et votre mobilisation, le Congo
est toujours au milieu du gué, la crise
politique perdure, la méfiance et la
haine sont savamment entretenues, la
réconciliation nationale n'est pas
engagée, la misère et la pauvreté ont
atteint des niveaux jamais égalés :
aujourd'hui, en dépit de nos
importantes ressources naturelles et du
cours très favorable du pétrole, qui
génère des recettes abondantes, trois
congolais sur quatre vivent en dessous
du seuil de pauvreté.
C'est
dans ce contexte, et au lendemain de la
célébration du 13e anniversaire de la
création de notre parti, que j'ai
décidé de m'adresser à vous pour vous
témoigner ma gratitude et vous
féliciter pour l'abnégation, le
courage et la ténacité dont vous faite
preuve dans notre lutte commune pour le
bien être du peuple congolais.
Je
saisis cette occasion pour réaffirmer
ma détermination à poursuivre avec
vous la longue et difficile bataille de
la reconquête de la démocratie et des
libertés dans notre pays.
Je
voudrais aussi, dans cette allocution,
vous indiquer dans les grandes lignes au
moins, la procédure que nous allons
utiliser pour restructurer notre parti
et lui donner les moyens de ses
ambitions en lui faisant jouer
pleinement son rôle de parti leader sur
l'échiquier politique congolais.
Tout
a été dit ou presque sur le cataclysme
qui a emporté nos institutions
démocratiques, l'occupation militaire
qui s'en est suivie et la guerre que
certains se sont obstinés à répandre
sur le territoire national, pour donner
la mort à des paisibles citoyens,
devenus indésirables en raison de leurs
convictions politiques ou de leur
appartenance ethnique.
Après
l’invasion de notre pays par les
troupes angolaises, faisant le bilan du
rapport des forces et soucieux de
préserver la vie de nos jeunes
combattants, j’ai décidé de quitter
notre pays pour arrêter les hostilités
et épargner à notre peuple les affres
d’une guerre qu’on lui imposait.
Nous
avons refusé la poursuite de la guerre
et refusons tous ses avatars, non par
lâcheté ou incapacité, mais parce que
la violence et la barbarie sont
contraires à nos valeurs.
Dans
notre idéal panafricain, nous avons
toujours prôné la fraternité et la
solidarité à l’échelle africaine,
nous condamnons toutes les violences
faites aux peuples et refusons les
sordides luttes fratricides, ethniques
ou tribales : notre implantation et
notre vocation nous obligent à
considérer tout congolais comme un
frère, son bien être est notre
priorité et sa vie est une chose
sacrée.
Rien,
absolument rien, ne peut justifier la
culture de la haine que certains s’acharnent
à développer dans notre pays.
Malgré
les multiples violations du droit, les
persécutions en tout genre, les
prédations du bien public et le martyr
imposé à notre peuple, nous
poursuivons notre politique de la main
tendue envers le pouvoir de Brazzaville,
car dans un pays traumatisé par
plusieurs années de violence et d’ostracisme,
la réconciliation nationale est
impérieuse si l’on veut sortir le
Congo de l’ornière et lui donner de
nouvelles perspectives.
Grâce
à votre mobilisation générale, nous
avons réussi en 1992 le pari de
remporter tous les scrutins
démocratiques organisés dans notre
pays. Notre parti est devenu la
première force politique du Congo.
Nous
avons gagné les élections locales,
législatives et présidentielles. Le
soutien du peuple nous a permis d’exercer
le pouvoir dans ce qu’il convient d’appeler
la première législature consécutive
aux premières élections libres et
transparentes dans notre pays.
Nous
avons au cours de ce mandat gouverné
avec un esprit de tolérance,
d'ouverture et de rassemblement. Nous
n'avons jamais fait de chasse aux
sorcières, les libertés individuelles
de chacun de nos compatriotes et les
droits de l'homme étaient
scrupuleusement respectés.
Nous
avons hérité en 92 d'un pays banni par
la communauté financière
internationale, sinistré sur le plan
économique et social par la calamiteuse
gestion du parti unique, endetté comme
personne ne l'aurait imaginé avant la
conférence nationale; les recettes
pétrolières étaient gagées pour les
dix années à venir.
Malgré
ces handicaps, les soubresauts
politiques et l'hostilité affichée des
opérateurs pétroliers, nous avons
redressé les comptes de la nation,
restauré la confiance des milieux
financiers, repris le remboursement de
la dette extérieure, développé la
croissance du produit national brut dont
le taux de croissance avoisinait les 6 %
en 97 alors qu'il était négatif à
notre arrivée au pouvoir.
Tous
ces résultats, unanimement reconnus par
les experts, montrent à suffisance que
le redressement économique de notre
pays était bel et bien engagé. Ces
performances indéniables furent
d'ailleurs appréciées par la banque
mondiale et le fonds monétaire
international qui nous ont accordé leur
satisfecit, comme l'affirmait, lors d'un
colloque organisé à Paris en novembre
1998 à l'assemblée nationale, le
représentant permanent de ces deux
institutions au Congo pendant cette
période, M. Jean-Claude QUIRIN, je cite
: « la banque mondiale et le FMI
avaient décerné le certificat de bonne
gouvernance à l'équipe de M. Pascal
LISSOUBA, car les efforts nécessaires
de redressement avaient été accomplis.
Les accords de déblocage des fonds
seraient signés en juin 1997 si le 5
juin, le début du coup d'État n'était
venu tout stopper. » Fin de citation.
Vous
n'avez donc pas à rougir pour ce que
nous avons fait dans notre pays, lorsque
de façon démocratique le peuple nous a
confié son destin. Vous devriez même
en être fier.
Lorsqu'on
observe, comment est gérée la chose
publique au Congo, depuis 7 ans, force
est de constater que les maux et les mœurs,
qui ont été tant décriés à la
conférence nationale, sont revenus au
galop et avec eux la paupérisation du
peuple et son cortège de malheurs.
Pendant
ce temps, le peuple est affamé et
plongé dans la misère absolue, comme
le prouve les chiffres des organismes
spécialisés de l'ONU.
Hier
nous avons gagné ensemble, je nous
crois encore capable de relever le défi
du retour de la démocratie dans notre
pays et de son développement.
Pour
cela, il nous faut l'unité. N'oubliez
point que notre combat pour la
démocratie n'est pas un combat contre
les hommes, mais un combat pour les
valeurs.
Il
faut donc impérativement arrêter
toutes les querelles stupides et
inutiles. Notre parti est un bien commun
à tous ses militants. Nul n'a le droit
d'entraver sa bonne marche, ni
d'hypothéquer son avenir.
Les
insultes, la calomnie, les attaques
personnelles n'honorent certainement pas
leurs auteurs, mais ces comportements
abjects obèrent la cohésion au sein du
parti et affectent l'efficacité
collective.
Depuis
quelques années, n’étant plus au
pouvoir, j'ai eu droit à toutes sortes
d'injures de la part de ceux que je
considère encore comme les miens.
Pourtant
les investigations les plus poussées et
les analyses les plus rigoureuses des
meilleurs spécialistes des relations
internationales, ont montré que la
seule chose que certains milieux
hostiles semblaient nous reprocher,
c'est précisément notre patriotisme et
notre volonté de faire en sorte que
notre peuple puisse enfin profiter du
pétrole qui est extrait du sous-sol
congolais.
Il
est par conséquent inepte de s'obstiner
à croire que ce sont nos insuffisances
ou imperfections qui seraient à l’origine
du drame que connaît notre pays.
Les
allégations folkloriques de mauvaise
gestion ou de non-respect des droits de
l'homme, dont nous aurions été
coupables, amusent la galerie certes,
mais elles n’ont rien à voir avec les
causes profondes du déferlement de
violence qui s’est abattu sur notre
pays.
Il
faut donc stopper impérativement les
critiques absurdes et les querelles de
clocher.
La
seule chose qui vaille aujourd’hui, c’est
l’unité et la cohésion au sein du
parti, pour une action efficace en
faveur de la démocratie et des
libertés dans notre pays.
Chers
Camarades,
Le
fonctionnement de notre parti, est
fondé, depuis sa création, sur la
confiance que vous avez placée en moi
et sur nos valeurs communes.
Nous
avons, dans les premières années
d'existence de notre parti, privilégié
l'unité, au détriment, il faut le
dire, de la démocratie interne. C'est
donc moi qui ait désigné
successivement Dominique MATANGA,
Christophe MOUKOUEKE et aujourd'hui,
Paulin MAKITA, au poste tant convoité
de secrétaire général de notre parti.
Au
congrès de décembre 1995, constatant
que l'immense majorité des militants et
des congressistes voulaient que je
demeure le président du parti, en
dépit de mes fonctions au niveau de
l'État, j'ai une fois de plus
privilégié la cohésion en demandant
aux congressistes, la veille de
l'ouverture du congrès, d'accepter «
mon secrétaire général » :
Christophe MOUKOUEKE qui, par
délégation de pouvoir, présida ce
congrès et constitua les listes des
divers organes de direction de notre
parti.
La
légitimité des dirigeants du parti
issus du congrès est, rigoureusement
parlant, tributaire de la mienne. Car,
aucun d'entre eux n'avait été
librement choisi par le congrès pour
lui-même ou pour ses idées.
Pendant
des années, malgré les agitations et
les critiques en tout genre, formulées
contre la gestion de Christophe
MOUKOUEKE, j'ai soutenu l'homme,
jusqu'à ce que lui-même décide de
rompre les liens de confiance qui nous
unissaient et qui s'étaient
développés au fil des années.
Les
critiques relatives à sa suspension ou
à la désignation d'un intérimaire
pour le remplacer jusqu'au prochain
congrès, sont parfaitement incongrues.
Car, dans le contexte d'occupation de
notre pays par les forces étrangères
et un pouvoir hostile, je ne pouvais pas
laisser se développer au sommet du
parti une certaine cacophonie.
C’est
pourquoi, après réflexion, J’ai
choisi, au sein du collège des membres
du comité directeur, un camarade, sans
doute l’un des meilleurs,
universitaire comme moi-même et
connaissant bien notre parti, pour
assurer les fonctions de secrétaire
général par intérim et m'aider ainsi
à diriger notre parti dans ce contexte
particulier de l'exil.
Cet
homme, c’est Monsieur Paulin MAKITA.
Je le connais depuis de nombreuses
années, même s'il est toujours resté
discret. Il a toute ma confiance, ma
caution politique et la légitimité
nécessaire pour diriger sous mon
autorité l’ensemble de notre parti.
Il
restera à ce poste jusqu'à la tenue du
prochain congrès de notre parti. Sa
mission est simple : relancer les
activités du parti à tous les niveaux
et superviser sa restructuration selon
des règles démocratiques en respectant
au mieux les textes. Il devra aussi
préparer le prochain congrès.
Avec
lui, je créerai les conditions des
élections libres dans notre parti.
Chacun d’entre vous doit,
immédiatement regagner sa section et sa
fédération pour se faire recenser et
obtenir la nouvelle carte d’adhérent,
qui lui permettra de participer aux
élections des dirigeants du parti qui
auront lieu prochainement.
Dans
cette reconstruction du parti, sur des
bases saines et démocratiques, nul ne
sera exclu. Chacun aura le loisir de
solliciter les suffrages des militants
à condition de se conformer aux
procédures édictées par la direction
de notre parti.
Le
Comité National de Supervision et les
Coordinations interrégionales, qui ont
permis le réveil du parti au pays,
conduiront sur la base de ces
orientations et sous l’autorité du
Secrétaire Général, le recensement
des militants, la distribution des
cartes, l'organisation et la supervision
des différents scrutins relatifs à la
restructuration des différents organes
statutaires du parti à l’intérieur
de notre pays. Les fédérations de
l'étranger, dont le fonctionnement n'a
pas été affecté par les événements
du pays, seront restructurées selon les
procédures habituelles.
Les
cadres du parti, présents au pays ou en
exil, seront associés à la réflexion
nécessaire à la mise à jour de notre
projet de société et le cas échéant,
d’un programme de gouvernement.
Le
secrétariat national, le comité
directeur et le conseil national ne
pouvant en l’état actuel des choses
fonctionner normalement, le comité
national de supervision exerce, sous l’autorité
du secrétaire général, l’ensemble
des prérogatives du secrétariat
national à l’intérieur de notre
pays.
Il
est bien entendu que nul, à l’exception
du secrétaire général par intérim ou
de moi-même, ne peut, en respectant l’esprit
et la lettre de nos textes, engager le
parti ou convoquer les organes issus du
congrès.
Tous
les conseillers nationaux demeurés
fidèles à la ligne du parti,
participeront aux congrès fédéraux,
régionaux, et au Congrès national.
Nous
avons le plus grand parti de notre pays
et il a vocation à le rester. Nous
devons pour cela faire preuve de rigueur
et de cohérence. Il ne pourrait y avoir
d’actions communes efficaces sans un
minimum de discipline.
Nous
avons décrié le processus électoral
initié unilatéralement par le pouvoir
de Brazzaville. Nous avons refusé, avec
nos partenaires, d’y participer, faute
de transparence et d’équité. Ceux
qui, en violation flagrante des
positions prises par la direction du
parti, se sont présentés à ces
mascarades électorales ont été
sanctionnés
Martin
MBERI et Joseph KIGNOUMBI KIA MBOUNGOU
ont été définitivement exclus de l’U.PA.D.S.
par les organes compétents, en raison
de la gravité des fautes commises.
Christophe
MOUKOUEKE est suspendu et n’a plus
qualité à engager le parti. Toutes ces
mesures, prises dans le respect des
textes, ne doivent souffrir d’aucune
distorsion.
Tous
ceux qui, pour des raisons diverses,
cherchent à déstabiliser le parti s’exposeront
à des sanctions.
Nous
devons préparer la campagne de
restructuration du parti dans la
sérénité et se préparer aux
batailles futures en faisant jouer à
notre parti son rôle de première force
politique du Congo.
Je
crois cela possible et je m’y
emploierai. Je vous invite
solennellement à taire vos querelles et
à vous impliquer loyalement dans le
renouveau de notre parti.
Ensemble
recréons l’espoir au Congo pour que
revive la République et la démocratie
pour le bien et le bonheur du peuple
congolais.
Je
vous remercie !
Fait
à Londres, le 26 juillet 2004
Le
Professeur Pascal LISSOUBA
Président
Fondateur de l’U.PA.D.S. |