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CINQ
ANS POUR REDRESSER LE CONGO
Congolaises,
Congolais, Mes Chers Compatriotes,
Au
moment où s'achève la transition
congolaise à l'ouverture de laquelle,
je disais que la situation de l'Economie
congolaise sinistrée rendait ardue la
tâche de redressement et interpellait
tous les Hommes et Femmes d'expérience
attachés à ce pays, force est de
constater, après en avoir fait le tour
et écouté le Congo profond, que la
réalité est plus dure que l'analyse de
la Conférence Nationale Souveraine.
Cette
réalité cruelle exige, la mise en
place immédiate d'un Programme
d'Ajustement Structurel (PAS) par le
Gouvernement d'Union Nationale en
concertation avec les partenaires
nationaux et extérieurs.
Les
principales caractéristiques des
déficits structurels de notre économie
sont à l'heure actuelle :
·
Une dette publique de l'ordre de 1500
milliards de FCFA et un service de la
dette de plus de 135 milliards de
FCFA/an absorbant plus de 30% des
recettes d'exportation (cf annexes 1 et
2);
·
Un gap des Finances Publiques de l'ordre
de 450 milliards de FCFA comprenant
entre autre 150 milliards de FCFA de
masse salariale annuelle et de près de
304,3 milliards de dettes, arriérés et
amortissements compris cf annexes 3 et
4).
Ainsi
donc, le Congo se trouve en situation de
cessation de paiement empêchant tout
investissement, même dans les secteurs
prioritaires comme la santé,
l'éducation etc
Les
grandes lignes du Programme d'Ajustement
Structurel, qui visent à préserver les
équilibres macro-économiques fortement
menacés permettraient une relance
économique viable du pays, s'appuyant
sur une série de mesures articulées
comme suit :
I-PROGRAMME
DE STABILISATION
1.1-
Liquidation des arriérés dûs aux
Organismes multilatéraux de Financement
CoFinanciers du PAS.
La
relance, voire la Stabilisation est
illusoire, ou compromise, dans la
situation actuelle de notre économie
sans crédits relais pour financer les
efforts d'ajustement structurel
(fonctionnement de l'Etat) et le
développement des activités
décentralisées. Cette liquidation des
arriérés pourrait être obtenue grâce
à un appui financier à négocier avec
nos partenaires.
1.2-
Amélioration des recettes budgétaires.
·
Réinstauration de l'orthodoxie
financière dans la gestion des finances
publiques;
·
Réforme de la législation fiscale et
douanière plus attractive à
l'investissement et garantissant la
lutte contre la fraude;
·
Suppression des monopoles et dissolution
des organismes de gestion y relatifs;
·
Révision de l'ensemble des textes
pétroliers avec les partenaires, pour
aboutir à une juste répartition des
ressources pétrolières conduisant
éventuellement à des contrats de
partage de production et la suppression
du monopole de la distribution des
produits pétroliers;
·
Liberté d'entreprise faisant droit à
la privatisation totale ou partielle des
entreprises publiques et à une
libéralisation progressive des prix,
dans les conditions et selon les
modalités qui seront déterminées par
la loi.
1.3-
Réduction des charges de l'Etat.
Réforme
de la législation sociale de façon à
la rendre plus incitative à la
création d:emplois et l'adapter à la
nouvelle politique économique car,
"l'économique tient le social
puisqu'il est impossible de répartir
des richesses qui n'existent pas. Le
social tient l'économique puisqu'il est
impossible de créer des richesses, du
moins durablement, sans cohésion
interne de l'entreprise, sans paix
sociale". La réussite de la
modernisation de l'économie est à ce
prix. C'est pourquoi, comme suggérée
par "l'Association pour la
Consolidation de l'Economie
Nationale" nous soutenons l’organisation
d’une concertation sur ce thème, avec
les principaux partenaires sociaux,
destinée à permettre une gestion
concertée de la situation sociale qui
prévaut dans le pays, en s’accordant
notamment sur les différentes mesures
à mettre en œuvre qui garantiraient un
environnement social propice à la
relance de l’activité économique ·
Actions multiformes sur la fonction
publique et dans le secteur productif,
visant :
l'encadrement
de la décentralisation, de la création
des entreprises, et le recyclage des
entrepreneurs;
l'implication
du génie militaire par l'application
des conclusions les plus pertinentes de
leurs Etats Généraux du mois d'avril
1992;
l'accélération
de la déflation des effectifs de la
fonction publique
L'importance
et la qualité des efforts à fournir
dans ce dernier domaine conduisent à
souligner les deux principaux axes
d'explorations :
a)-
déflation qualitative par la création
d'un Corps d'élite de fonctionnaires
fortement motivés grâce à une
formation additionnelle liée à
l'utilisation d'outils de travail
modernes et grâce aussi à
l'amélioration des conditions de
travail et des rémunérations
adéquates, associées à une recherche
accrue de la rentabilité et de
l'efficacité (interne ou externe);
b)-
déflation quantitative grâce à
l'instauration d'une autonomie
régionale en matière de gestion de
certains personnels administratifs
(fonction publique régionale émargeant
sur les budgets décentralisés) d'une
part, et d'autre part, grâce au
transfert des compétences des agents de
la fonction publique et des entreprises
nationalisées dans le secteur privé,
en usant de mesures incitatives non
exclusives de caractère administratif
(préretraites. mises en disponibilité)
et/ ou financières (voir ci-après
Société Financière ).
Cette
politique originale en matière
d'effectifs aura pour fondements
-la
formation accélérée dans le cadre
d'un Institut de Formation Permanente
(en création), orientée vers la
promotion de l'entreprise privée et
nationale ;
-l'ouverture
d'une Société Financière de
l'Innovation (capital risque), qui
garantisse l'appui financier et
l'encadrement technique indispensables
aux jeunes entreprises.
Toutefois,
les mesures préconisées en matière de
réduction des effectifs de la fonction
publique feront l’objet d’études
appropriées, définissant notamment
leur échelonnement dans le temps et le
pourcentage annuel d’effectifs à
déflater, prenant en compte des
situations sociales particulières,
garantes d’une justice et d’une
cohésion sociales. En conséquence, je
m’engage solennellement devant tout
notre peuple, qu’aucun travailleur ne
perdra son emploi. Il s’agira tout au
plus de simples reconversions, ou de
changements de statuts. En effet la
cohésion sociale passe aussi par la
solidarité. Le gouvernement d’Union
Nationale veillera à mieux garantir la
sécurité sociale, les pensions de
retraite, l’assistance aux plus
démunis notamment aux personnes du
troisième âge, enfin dans ces mesures,
une attention particulière sera porté
aux familles nombreuses.
1.4-
Restructuration du Secteur productif d
‘état
Toutes
les études effectuées au Congo
confirment la faillite généralisée du
secteur productif d'Etat et ont mis en
relief les aspects ci-après
-faiblesse
de gestion (administrative, financière,
technique, politique des prix) etc
-inadéquation production/débouchés
-absence d'innovation technologique;
-rareté et cherté du financement.
Une
restructuration de ce secteur s'impose
et devrait se traduire par le
désengagement total ou partiel de
l'Etat, en laissant jouer la libre
concurrence et en permettant la
création des richesses.
1-5
Reforme du système bancaire
Elle
s'impose en vue :
-d'une
réorientation de ses objectifs
prioritairement vers le développement;
-d'une
rationalisation des mécanismes de
fonctionnement
-de
son ressourcement grâce à une
privatisation partielle garantissant une
minorité de blocage à l'Etat.
1.6-
Financement de la relance économique et
renégociation de la dette.
En
contre partie de cet effort
d'ajustement, le Congo doit pouvoir
obtenir des appuis financiers
extérieurs consistant en un
réaménagement favorable de la dette
congolaise dans le cadre d'actions
concertées avec les autres pays
débiteurs de la zone franc d'une part
et l'appui des bailleurs de fonds
multilatéraux .(FMI, BIRD, BAD, etc...)
et bilatéraux d'autre part.
Ces
mesures devraient aboutir à :
-Une
remise totale ou partielle de sa dette
dans le cadre des initiatives annoncées
par le G7 lors de sa réunion de juillet
I 992;
-Une
reconversion de la dette commerciale
privilégiant le rachat/investissement
dont l'encadrement de la gestion sera
assurée par la Société Financière de
l'Innovation, telle que rappelée au
point 1.3,b ;
-le
recours au financement sous forme de
prêts d'ajustement structurel et d'aide
publique au développement après
adoption définitive par le Gouvernement
d'union Nationale en accord avec les
Institutions de Bretton Woods du
Programme d'Ajustement Structurel.
-Compte
tenu du gap non financé, l'effort
d'ajustement interne doit être
accompagné d'un concours extérieur
sous la forme d'un crédit-relais annuel
de l'ordre de 150 milliards de FCFA, de
dons et subventions. L'objectif est de
financer, en toute priorité et en
urgence :
·
la liquidation des arriérés dûs aux
bailleurs de fonds multilatéraux;
•
le lancement des activités
décentralisées dont l'essentiel se
trouve indiqué sous la forme de mesures
administratives, sociales et
économiques d'accompagnement du
Programme d'Ajustement Structurel;
•
la relance de la petite et moyenne
entreprise par l'apurement partiel de la
dette intérieure due aux Opérateurs
Economiques sur la base des conclusions
de l'audit mené à cet effet, par le
Ministère des Finances;
·
le paiement partiel des arriérés
sociaux (salaires,
retraites
et sécurité sociale, bourses etc...)
de façon à \ garantir la paix sociale,
indispensable à la mise en ~ oeuvre de
la nouvelle politique économique
consacrée par le Programme d'Ajustement
Structurel.
La
rigueur découlant de l'effort
d'Ajustement Structurel ainsi décrit
fort succinctement, appelle des mesures
d'accompagnement reposant pour
l'essentiel. sur la distribution la plus
équitable possible du Revenu National.
Une telle distribution doit permettre :
·
la satisfaction des besoins prioritaires
des populations;
·
la participation de chacune des
Communautés nationales à
l'accomplissement de son propre destin;
l'adaptation
de ces Communautés à l'environnement,
tout en le préservant l'éclosion de
leur génie créateur au profit du
développement la prise en compte des
exigences de la démocratie. C'est la
décentralisation.
2-
Mesures d'accompagnement du PAS : la
Décentralisation
s'articule
autour des objectifs suivants :
2.1-
Amélioration des mécanismes de prise
de décision, de suivi et de contrôle
des activités décentralisées et de
développement.
Ces
mécanismes portent, tant sur
l'extension et le renforcement d'actions
techniques (communications
informatisées, bureautique), que sur
l'institution d'une fonction
gouvernementale de type nouveau,
reposant sur des organes de
coordination.
Ces
organes ou Comités interministériels
permanents, permettront non seulement au
Conseil des Ministres de prendre des
décisions plus rapides, pré-
négociées entre les intéressés et
bien étayées par plusieurs ministères
et organismes concernés, mais
également, de tenir compte de
l'interdépendance des objets de
décision tant du point de vue politique
que technique.
Cinq
Comités paraissent ici essentiels :
Comité
des Priorités et de la Planification;
-Comité de la Législation (affaires
juridiques); · Comité de la Réforme
Administrative y incluant la gestion
budgétaire et financière, la politique
de gestion des agents de l'Etat et des
Relations du travail dans les secteurs
publics et privés;
Comité
du Développement Economique; Comité du
Développement Socio-Culturel La
décentralisation, qui suggère la
participation là où se déterminent
les mesures qui concernent la vie des
Congolais, confère au Gouvernement un
rôle particulier de régulateur,
d'harmonisateur et d'animateur par
dessus tous les fiefs, les calculs et
les partis pris.
Dans
ces conditions, il est clair qu'au
Gouvernement, nul ne devrait s'exprimer
au nom de son parti, mais en fonction et
dans les limites des objectifs définis
par le Programme d'Union.
2-2
Amélioration de la qualité de la vie
L'amélioration
de la qualité de la vie tant dans les
agglomérations urbaines que dans les
zones rurales passe, par des mesures
propres à soutenir les initiatives en
matière de santé, d'hygiène (eau
potable) et d'amélioration de l'habitat
à partir des matériaux locaux,
d'entretien des routes agricoles et des
structures scolaires d'encouragement des
activités touristiques autour des sites
et
réserves
naturelles du Mayombe, du Mont Fouari ,
de la Léfini, de Mbomo et des chutes de
la Foulakari.
De
ce point de vue, il convient de noter
que ces activités laisseront une place
importante au tourisme de masse, surtout
au bénéfice des enfants pour leur
donner une meilleur connaissance de leur
pays, de l’expérience des autres
congolais, afin de mieux les comprendre
et mieux les aimer
2.3-
Développement et transformation de la
production des ressources naturelles du
pays grâce au progrès de la science et
de la
technologie.
Partant
de la décentralisation, appuyée elle
même par la distribution équitable du
Revenu National, la stimulation de la
production agricole, l'exploitation des
ressources naturelles et leur
transformation pour créer des
«utilités »(biens de consommation),
grâce au progrès de la science et de
la technologie, visent à satisfaire en
priorité les besoins de notre peuple et
à assurer avec la création d'un
marché interne, la résorption du
chômage et l'accès à la modernité.
Mais
le progrès scientifique donne les
éléments de solution à notre
pauvreté, à nos pénuries. Il apporte
sans cesse des possibilités nouvelles,
mais ne fait pas le développement: ce
sont les Hommes.
Le
progrès matériel ou moral est l’œuvre
des Hommes formés et nantis de la
capacité de maîtriser, de gérer, de
créer les « utilités « .
Nous
plaçons donc au cœur de notre projet,
et de notre politique la formation,
orientée notamment vers la maîtrise de
la créativité et, à la gestion de
l'innovation qui en dérive.
Il
est donc clair que la formation ainsi
conçue ne s'arrête pas à la jeunesse,
elle est affaire de toute la vie. Il n'y
a là, cependant, rien d'original.
Toutes
les familles politiques à ce que j'ai
vu ou compris font de l'éducation et
." de la formation, une priorité,
tout comme devrait l'être:
L’organisation
d’un colloque sur cette question
fondamentale en vue d’une réforme de
notre système éducationnel pour l’orienter
vers une institutionnalisation des liens
Université-Secteur productif en vue de
l’adéquation Formation-Emploi.
Il
est dès lors clair, que notre projet de
société s'attaque aux causes
fondamentales de notre pauvreté, aux
raisons profondes de nos pénuries, qui
sont également, celles qui nourrissent
le chômage, à savoir: 1'insuffisance
de l'accumulation du capital, le
délabrement du tissu économique, le
manque d'organisation et d'aptitude à
gérer, notamment les investissements.
Il
devient alors évident, que la
transformation de nos ressources
naturelles abondantes par ailleurs, en
dégageant des filières nombreuses,
offrent les plus grandes chances au
développement dans notre pays et à la
résorption du chômage.
Ainsi,
et à titre d'exemple, les
transformations parmi les plus
significatives porteront sur :
-les
gisements d'argile et/ou de kaolin en
vue d'une industrie de construction
(carreaux, tuiles et /ou céramiques);
-le
calcaire (de Mont Bello) riche en gypse,
associé aux schistes peut conduire à
des mélanges de nature à résoudre
l'épineux problème de l'infrastructure
routière;
-l'utilisation
de l'huile de palme et autres
oléagineux (arachides, safou etc ...)
permet la création d'autant
d'entreprises qu'il existe de filières
révélées par la diversification des
activités scientifiques: raffineries,
savonneries, peintures, vernis, aliment
du bétail, industries de fabrication de
carburant etc..
Partant
de ce qui précède, les principaux axes
autour desquels devraient s'organiser
les activités de développement, dans
chaque région sont les suivants, une
fois déterminés les pôles de
développement
2.3.1
BOUENZA
·
Relance des activités agro-pastorales
avec industries connexes (canne à
sucre, oléagineux, arbres fruitiers)
Promotion
et valorisation de l'industrie de
céramique à partir des réserves de
kaolin. · Développement et extension
de l'industrie minière.
·
Relance d'activités de recherche
agronomique (amélioration des sols, et
des techniques pastorales).
2.3.2-CUVETTE
·
Remise en état des palmeraies et
valorisation des industries connexes
·
Rentabilisation du projet
hévéa-culture avec promotion d'une
industrie connexe autour du latex,.des
pneumatiques, montage des cycles etc..;
PromotIon
des sîtes tounstiques de la réserve de
la biosphère de Mbomo. Electrification
des pôles de développement au travers
d’un barrage hydroelectrique
Rentabilisation et reprise des
activités agricoles et de pêche.
2.3.3-
KOUILOU
·
Développement des activités
agro-pastorales : bananeraies et ;
industries connexes (bière, banane
séchée ou en poudre), cocoteraies et ~
industries connexes; .
Rationalisation
de la filière eucalyptus; I -Recherche
et prospection minière avec une
attention particulière aux schistes
bitumineux du Mayombe en vue de
l'amélioration des axes routiers du
pays; Promotion de l'industrie
touristique; -Organisation des
activités de pêche; Construction du
Barrage du Kouilou dans le cadre
d'activités industrielles en
concertation avec les pays voisins.
2.3.4- LEKOUMOU
·
Relance des activités agro-pastorales
avec industries connexes;
·
Relance des activités de recherche sur
les oléagineux dans le domaine de
l'utilisation de l'huile de palme comme
carburant; -Relance de I'hévéa-culture
·
Exploitation des gisements de fer dans
le cadre d'une
concertation
avec les pays voisins
.
2.3.5-LIKOUALA
Relance
des activités agricoles (en particulier
culture du cacao) et ouverture d'une
route agricole Ouesso-Epéna-Impfondo
pour l'écoulement; -Développement de
L'industrie touristique; · Création de
l'industrie céramique à partir des
gisements de Kaolin, après évaluation
des réserves;
·
Développement de l'industrie du bois en
concertation avec les promoteurs de la
Sangha; -Organisation des activités de
pêche.
2.3.6
NIARI
·
Relance des activités agro-pastorales
avec industries connexes; bananeraies et
industries connexes (bière, banane
séchée ou en poudre);
Relancé
des programmes de reboisement en
Limba-Okoumé; -Développement de
l'industrie touristique; Programme de
conservation des sols et d'amélioration
des techniques culturales; -Organisation
des activités de pêche. 2.3.7 PLATEAU
Relance
des activités agro-pastorales avec
industries connexes; bananeraies et
industries connexes (palmeraies, igname
de Gamboma et pomme de terre de
Djambala/Lekana avec industrie de
conservation et de transformation); ·
Amélioration des systèmes culturaux
-Relance
des travaux du barrage de la Mpama pour
l’eau potable l’irrigation et l’énergie(nécessaire
à l’industrie du froid dont a besoin
l’industrie de transformation et de
conservation de la pomme de terre et de
l’igname
·
Organisation des activités de pêche(à
ngo/Mpouya)
2.3.8-POOL
·
Relance des activités agro-pastorales;
·
Développement de l'arboriculture
fruitier avec industries connexes
(conservation et transformation: jus de
fruit, fruits séchés, alcool,
confiseries);
Relance
du gros élevage avec embouche à
Mindouli ; -Développement de l’industrie
céramique Développement de la culture
du lippia et industries connexes ;
-Programme de conservation et d’amélioration
des sols. 2.3.9- SANGHA
·
Remise en état de la palmeraie et
industries connexes
·
Remise en état des cacaoyères et
industries connexes ;
·
reprise et développement des activités
pastorales sous palmiers ;
·
Développement de l'industrie du bois en
association avec les promoteurs de la
Likouala; -Organisation des activités
de pêche.
2.4
Modernisation de l’arrière pays et
unité nationale
De
manière générale, l'effort en faveur
de la modernisation de l’arrière
pays, la marche vers l'unité nationale
s'opéreront par
-Le
soutien d'une politique hardie de l’habitat
et de construction d'infrastructures
routières et fluviales adéquates;
L'institution
de communes de plein exercice dans le
les localités frontalières, pour une
prise en charge responsable des citées
concernées en matière d'hygiène,
d'habitat à coût modéré d’alimentation
en eau potable, d'assainissement
,d'électrification bref d’urbanisation.
·
La création de centres régionaux de
Recherche/Développement (R/D), avec une
attention particulière dans les
domaines de la pharmacopée
traditionnelle et pour des essais
d'adaptation;
·
l’installation de chaîne de froid
indispensable aux industries de
conservation et de transformation
prenant en compte les aspects de
formation en maintenance , en
fabrication de matériels adaptés;
·
L'établissement d’un réel réseau
moderne de communication (traitement de
l'information en bureautique),l’informatique
et les télécommunications feront l’objet
d’une attention particulière pour le
désenclavement et l’unification du
pays tout entier .ce programme permettra
non seulement d’orienter, de suivre ,d’évaluer
et de contrôler les activités de
décentralisation, mais également d’ouvrir
le pays sur le monde extérieure
L'ensemble
de ces mesures, complétées par
l'instauration d'une célébration
rotative des fêtes nationales au profit
de chaque région (ou groupe de
régions), devrait aboutir au
renforcement de la cohésion dans notre
société polyethnique, à la conscience
de la nécessaire interdépendance entre
ces régions, et de leur appartenance à
une même Nation.
D'une
manière plus spécifique, s'agissant
des actuelles Communes urbaines, il
s'agit d'établir et faire respecter les
plans directeurs de développement
urbain, de promouvoir l'habitat à coût
modéré, tout en assurant avec une
sécurité renforcée, un service
adéquat d'alimentation en eau potable,
d'assainissement, de voirie, d'hygiène
et autres travaux d'utilité publique.
Telles
sont les tâches, parmi les plus
urgentes qui reviennent au Gouvernement
d'Union Nationale appelé à régler
dans le détail la vie quotidienne des
congolais organisés, ou à organiser
dans les régions, berceaux de notre
patrie, le Congo.
Il
revient alors aux Partis de s'accorder
sur un programme de Gouvernement, dont
les grandes lignes viennent d'être
dégagées, pour être suggérées aux
autres partenaires ou Partis soucieux de
la nécessité d'un effort collectif à
la mesure des enjeux
La
situation désastreuse actuelle, impose
une approche d'union pour balayer les
inquiétudes, réveiller l'espoir,
mobiliser les énergies, conduire le
progrès, asseoir la paix garante de la
modernisation et du développement de
notre pays.
II
PROGRAMME DE RELANCE
ECONOMIQUE(Programme spécifique du
candidat)
Congolaises,
congolais, ayant ainsi donné les
grandes lignes d'une stabilisation sur
lesquelles les Partis devraient
s'accorder,
Je
sollicite vos suffrages pour la
Magistrature suprême dans notre pays.
Mon
devoir est de veiller à votre quotidien
et à la réalisation du projet de
société déjà approuvé par nombre
d'entre vous. Je le ferai de toutes mes
forces.
Mon
rôle est aussi de vous soumettre un
projet de société qui m'engage
solennellement auprès de vous pour les
cinq années à venir, afin de relever
décidément notre pays
Ayons
en vue que si le Congo est notre
berceau, (notre patrie), sur lequel doit
porter toute notre attention, la relance
de son économie exige la définition de
grands choix en Afrique et avec
l'Afrique.
L'Afrique
devient alors notre salut, à même
d'assurer et de garantir notre devenir
dans le cadre du concert des Nations.
Le
projet qui donne ce double cadre
m'engage auprès de vous. Il s'ordonne
autour de grands travaux de l'Etat que
justifie la modalité retenue dans le
cadre de la reconversion suggérée de
notre dette: le rachat/investissement.
Mais il s'attache également à
révéler les espérances de l'Afrique
à la notion de démocratie, dont le
contenu appelle une clarification
certaine de la Coopération Régionale.
La
Stabilisation de nos économies étant
en cours de réalisation, il convient de
donner "une âme" à la
Coopération Régionale pour réaliser
"un réel espace économique
unique" notamment entre les
partenaires déjà engagés dans une
union monétaire au sein "dudit
espace".Toutefois un marché unique
ne constitue pas à lui seul la
coopération régionale. Son efficacité
peut et doit être renforcé par des
politiques et des actions communes, en
particulier dans le domaine des
transports, communications et énergies.
1-
En matière de transport et
communication
1.1.
Réhabiliter l'axe TRANSEQUA TORIAL pour
donner à la RCA au sud du Tchad, au sud
Cameroun, au sud Gabon, au nord Cabinda,
au Zaïre et à l'Afrique Australe un
accès direct sans rupture de charge sur
un port en eau profonde.1.2 Engager des
négociations pour construire une
autoroute à péage entre Brazzaville et
Pointe-Noire avec bretelle sur le
Cabinda, le sud Gabon et le sud Zaire,
et l’établissement d’un pont
Route/Rail sur le fleuve Congo en accord
avec les autorités zairoises
1.3-
Relancer les travaux de construction du
barrage de Sounda en partenariat pour
pallier à la faiblesse du barrage de
Moukoukoulou (Bouenza), et satisfaire
les besoins en énergie des diverses
activités agro-industrielles
suggérées, ainsi que les activités
sidérurgiques à négocier avec les
pays voisins.
1.4-
Construire deux aéroports
internationaux d'éclatement de fret
aérien à Brazzaville et de fret
aérien et maritime à Pointe Noire,
couplés d'installations de maintenance,
pour servir de point de départ de fret
vers les pays frères (déjà
identifiés)
1.5-
Ouvrir des négociations en vue de
réhabiliter le CFCO entre Dolisie et
Brazzaville
1.6-
En conclusion, toute cette activité
justifiée par le rachat de nos
créances reposera sur la création
d'une zone franche de transit à
Pointe-Noire dont le port présente des
atouts majeurs (eau profonde, large
superficie, absence de houle).La chaîne
de transit du Congo s'articulera ainsi
autour de :
un
port maritime en eau profonde et en zone
franche; · deux aéroports
internationaux d'éclatement de fret
aérien à Brazzaville, aérien et
maritime à Pointe-Noire
·
une voie fluviale donnant ainsi au Congo
des prolongements divers en direction
des régions et des pays du Nord (Tchad,
Centrafrique, Zaïre) et d'Afrique
Australe;
·
une autoroute Brazzaville PointeNoire;
·
un chemin de fer Brazzaville
-Pointe-Noire
2-
En matière d'énergieUne concertation
devrait être entreprise dans le cadre
pétrolier et énergétique pour la
valorisation du barrage du Kouilou, des
raffineries de préférence privatisées
de la Côte Atlantique en vue d'une
politique énergétique continentale en
direction des pays voisins et d'Afrique
Australe privés de ces ressources.
Pour
conclure
3-
Les défis de la Démocratie
Congolaises,
Congolais, mes chers compatriotes, le
programme de relance qui
vous
est proposé est la suite logique du
plan de Stabilisation, qui vise à
sortir le Congo d'une situation de crise
grave, tandis que la relance sera la
conséquence logique d'une confiance
retrouvée en vous-mêmes mais, aussi,
en vous par nos partenaires extérieurs.
Dès
lors, trois défis s'imposent à nous :
3.1
Le premier se réfère à la transition
démocratique. Il s'agit d'une phase de
référence par laquelle on juge le
devenir de la Démocratie; si on admet
en effet, que durant cette phase de
nombreux problèmes pourraient être
aplanis, sans trop de passion de
manière consensuelle.
Il
se trouve, qu'au Congo la Transition
aura été un échec à maints égards
et dans bien de domaines.La diversité
des opinions ou de sensibilités. voire
des intérêts antagonistes rendront
donc difficiles les premiers pas dans la
démocratie naissante. Compte tenu de la
situation très préoccupante dans tout
le pays et à maints égards.
Le
moment est donc venu d'engager un combat
politique dont l'issue commandera pour
longtemps l’avenir du pays et le sort
de l'immense majorité de nos
concitoyens.
Il
s'agit d'obtenir des leaders politiques
aujourd'hui responsables. de se
dépasser en pensant aux misères de
leurs mandants pour accepter la
réalisation d'un Gouvernement d'Union
Nationale. C'est un défi: notre défi
d'assurer la paix sociale garante du
développement de notre pays.
3.2
Notre deuxième défi consiste à
réserver de manière systématique une
place de choix à l'éthique, au
civisme, à la solidarité. à la
considération de l'excellence dans un
travail toujours bien ou mieux fait.
dans une bonne gestion du temps et la
nécessité de l’effort(physique et
moral)
Il
va sans dire que. des notions 'telles
que l'Etat de droit. le sens des
responsabilités. la capacité de
s'assumer et d'avoir le courage de ses
opinions. La reconnaissance de droits
pour les femmes, égaux à ceux des
hommes sur le plan professionnel"
patrimonial et dans les responsabilités
politiques. le respect des personnes du
troisième âge et des personnes
handicapées, associés aux valeurs
précédentes notamment. à la
systématisation du consensus faisant
ressortir des libres accords politiques.
conféreraient, j'en suis persuadé. un
contenu original à la
Démocratie"en Afrique. disons le
sincèrement et honnêtement ."un
African Way of Life. Pour ma part, j'y
souscris et m'y emploierai de toutes mes
forces.
3.3
Prêts à produire, à transformer, à
vendre, les Congolais seront prêts à
acheter et à consommer. L'effort de
modernisation. d'intégration
économique en Afrique et au marché
international sont à ce prix
Mais,
le problème est de se demander si nous
devons automatiquement. nous intégrer
au marché international ? Il y a là
plus qu'un choix, tel est notre
troisième défi.
Il
s'agit en fait de définir la place de
la Coopération internationale dans
cette phase de Stabilisation prélude à
l'Ajustement structurel.
L'exercice
pour nous, pays en développement est
périlleux, car marginalisés et absents
à tous les niveaux où se' définissent
les mécanismes qui régissent
l'économie mondiale.
Il
est dès lors clair que tout programme
d'ajustement structurel, dans des pays
Comme
le nôtre, pour être efficace et
réaliste devrait, à défaut de mesures
de démocratisation de la vie
économique internationale, bénéficier
d'une aide accrue pour transformer nos
structures économiques et
administratives,
maîtriser
les capacités technologiques de mise en
valeur de nos ressources et enfin,
protéger nos industries naissantes
fragiles avant toute intégration au
marché international.
Mes
chers compatriotes, telles sont les
raisons objectives d'un large consensus
national, garant d'une paix sociale et
d'une négociation sur un pied
d'égalité. de" programmes
d'ajustement qui nous sont applicables.
I,'ambition
du projet qui m'engage devant vous est
évidente. II est à la mesure des
défis auxquels nous sommes confrontés.
Le soutien international stigmatisé
ci-dessus nous est acquis si nous
maintenons le cap sur la démocratie
politique. , économique et sociale,
laquelle est un mythe sans la paix
sociale.
Il
faut peuple Congolais oser, oser balayer
nos inquiétudes, réveiller nos
espérances, mobiliser nos énergies
pour conduire le progrès, et asseoir
tout notre développement dans une
Société plus juste, avec des femmes,
des hommes et une jeunesse plus
solidaires.
Qui
le fera sans un projet de Société
audacieux. sans ambition ? Aujourd'hui.
vous les avez. Ils vous sont offerts.
Nous
gagnerons si nous sommes unis et par
dessus les calculs et les partis pris.
je sais devoir compter sur vous.
"
Aimer et connaître avec la Science et
l'Amour ont fait le monde", nous.
nous bâtirons le Congo moderne.
Vive
la République. Vive le Congo
Pascal
LlSSOUBA Juillet 1992 |