PROJET DE SOCIETE 1992

CINQ ANS POUR REDRESSER LE CONGO

Congolaises, Congolais, Mes Chers Compatriotes,

Au moment où s'achève la transition congolaise à l'ouverture de laquelle, je disais que la situation de l'Economie congolaise sinistrée rendait ardue la tâche de redressement et interpellait tous les Hommes et Femmes d'expérience attachés à ce pays, force est de constater, après en avoir fait le tour et écouté le Congo profond, que la réalité est plus dure que l'analyse de la Conférence Nationale Souveraine.

Cette réalité cruelle exige, la mise en place immédiate d'un Programme d'Ajustement Structurel (PAS) par le Gouvernement d'Union Nationale en concertation avec les partenaires nationaux et extérieurs.

Les principales caractéristiques des déficits structurels de notre économie sont à l'heure actuelle :

· Une dette publique de l'ordre de 1500 milliards de FCFA et un service de la dette de plus de 135 milliards de FCFA/an absorbant plus de 30% des recettes d'exportation (cf annexes 1 et 2);

· Un gap des Finances Publiques de l'ordre de 450 milliards de FCFA comprenant entre autre 150 milliards de FCFA de masse salariale annuelle et de près de 304,3 milliards de dettes, arriérés et amortissements compris cf annexes 3 et 4).

Ainsi donc, le Congo se trouve en situation de cessation de paiement empêchant tout investissement, même dans les secteurs prioritaires comme la santé, l'éducation etc

Les grandes lignes du Programme d'Ajustement Structurel, qui visent à préserver les équilibres macro-économiques fortement menacés permettraient une relance économique viable du pays, s'appuyant sur une série de mesures articulées comme suit :

I-PROGRAMME DE STABILISATION

1.1- Liquidation des arriérés dûs aux Organismes multilatéraux de Financement Co­Financiers du PAS.

La relance, voire la Stabilisation est illusoire, ou compromise, dans la situation actuelle de notre économie sans crédits relais pour financer les efforts d'ajustement structurel (fonctionnement de l'Etat) et le développement des activités décentralisées. Cette liquidation des arriérés pourrait être obtenue grâce à un appui financier à négocier avec nos partenaires.

1.2- Amélioration des recettes budgétaires.

· Réinstauration de l'orthodoxie financière dans la gestion des finances publiques;

· Réforme de la législation fiscale et douanière plus attractive à l'investissement et garantissant la lutte contre la fraude;

· Suppression des monopoles et dissolution des organismes de gestion y relatifs;

· Révision de l'ensemble des textes pétroliers avec les partenaires, pour aboutir à une juste répartition des ressources pétrolières conduisant éventuellement à des contrats de partage de production et la suppression du monopole de la distribution des produits pétroliers;

· Liberté d'entreprise faisant droit à la privatisation totale ou partielle des entreprises publiques et à une libéralisation progressive des prix, dans les conditions et selon les modalités qui seront déterminées par la loi.

1.3- Réduction des charges de l'Etat.

Réforme de la législation sociale de façon à la rendre plus incitative à la création d:emplois et l'adapter à la nouvelle politique économique car, "l'économique tient le social puisqu'il est impossible de répartir des richesses qui n'existent pas. Le social tient l'économique puisqu'il est impossible de créer des richesses, du moins durablement, sans cohésion interne de l'entreprise, sans paix sociale". La réussite de la modernisation de l'économie est à ce prix. C'est pourquoi, comme suggérée par "l'Association pour la Consolidation de l'Economie Nationale" nous soutenons l’organisation d’une concertation sur ce thème, avec les principaux partenaires sociaux, destinée à permettre une gestion concertée de la situation sociale qui prévaut dans le pays, en s’accordant notamment sur les différentes mesures à mettre en œuvre qui garantiraient un environnement social propice à la relance de l’activité économique · Actions multiformes sur la fonction publique et dans le secteur productif, visant :

l'encadrement de la décentralisation, de la création des entreprises, et le recyclage des entrepreneurs;

l'implication du génie militaire par l'application des conclusions les plus pertinentes de leurs Etats Généraux du mois d'avril 1992;

l'accélération de la déflation des effectifs de la fonction publique

L'importance et la qualité des efforts à fournir dans ce dernier domaine conduisent à souligner les deux principaux axes d'explorations :

 

a)- déflation qualitative par la création d'un Corps d'élite de fonctionnaires fortement motivés grâce à une formation additionnelle liée à l'utilisation d'outils de travail modernes et grâce aussi à l'amélioration des conditions de travail et des rémunérations adéquates, associées à une recherche accrue de la rentabilité et de l'efficacité (interne ou externe);

b)- déflation quantitative grâce à l'instauration d'une autonomie régionale en matière de gestion de certains personnels administratifs (fonction publique régionale émargeant sur les budgets décentralisés) d'une part, et d'autre part, grâce au transfert des compétences des agents de la fonction publique et des entreprises nationalisées dans le secteur privé, en usant de mesures incitatives non exclusives de caractère administratif (préretraites. mises en disponibilité) et/ ou financières (voir ci-après Société Financière ).

Cette politique originale en matière d'effectifs aura pour fondements

-la formation accélérée dans le cadre d'un Institut de Formation Permanente (en création), orientée vers la promotion de l'entreprise privée et nationale ;

-l'ouverture d'une Société Financière de l'Innovation (capital risque), qui garantisse l'appui financier et l'encadrement technique indispensables aux jeunes entreprises.

Toutefois, les mesures préconisées en matière de réduction des effectifs de la fonction publique feront l’objet d’études appropriées, définissant notamment leur échelonnement dans le temps et le pourcentage annuel d’effectifs à déflater, prenant en compte des situations sociales particulières, garantes d’une justice et d’une cohésion sociales. En conséquence, je m’engage solennellement devant tout notre peuple, qu’aucun travailleur ne perdra son emploi. Il s’agira tout au plus de simples reconversions, ou de changements de statuts. En effet la cohésion sociale passe aussi par la solidarité. Le gouvernement d’Union Nationale veillera à mieux garantir la sécurité sociale, les pensions de retraite, l’assistance aux plus démunis notamment aux personnes du troisième âge, enfin dans ces mesures, une attention particulière sera porté aux familles nombreuses.

 

1.4- Restructuration du Secteur productif d ‘état

Toutes les études effectuées au Congo confirment la faillite généralisée du secteur productif d'Etat et ont mis en relief les aspects ci-après

-faiblesse de gestion (administrative, financière, technique, politique des prix) etc -inadéquation production/débouchés -absence d'innovation technologique; -rareté et cherté du financement.

Une restructuration de ce secteur s'impose et devrait se traduire par le désengagement total ou partiel de l'Etat, en laissant jouer la libre concurrence et en permettant la création des richesses.

1-5 Reforme du système bancaire

Elle s'impose en vue :

-d'une réorientation de ses objectifs prioritairement vers le développement;

-d'une rationalisation des mécanismes de fonctionnement

 

-de son ressourcement grâce à une privatisation partielle garantissant une minorité de blocage à l'Etat.

1.6- Financement de la relance économique et renégociation de la dette.

En contre partie de cet effort d'ajustement, le Congo doit pouvoir obtenir des appuis financiers extérieurs consistant en un réaménagement favorable de la dette congolaise dans le cadre d'actions concertées avec les autres pays débiteurs de la zone franc d'une part et l'appui des bailleurs de fonds multilatéraux .(FMI, BIRD, BAD, etc...) et bilatéraux d'autre part.

Ces mesures devraient aboutir à :

-Une remise totale ou partielle de sa dette dans le cadre des initiatives annoncées par le G7 lors de sa réunion de juillet I 992;

-Une reconversion de la dette commerciale privilégiant le rachat/investissement dont l'encadrement de la gestion sera assurée par la Société Financière de l'Innovation, telle que rappelée au point 1.3,b ;

-le recours au financement sous forme de prêts d'ajustement structurel et d'aide publique au développement après adoption définitive par le Gouvernement d'union Nationale en accord avec les Institutions de Bretton Woods du Programme d'Ajustement Structurel.

-Compte tenu du gap non financé, l'effort d'ajustement interne doit être accompagné d'un concours extérieur sous la forme d'un crédit-relais annuel de l'ordre de 150 milliards de FCFA, de dons et subventions. L'objectif est de financer, en toute priorité et en urgence :

· la liquidation des arriérés dûs aux bailleurs de fonds multilatéraux;

• le lancement des activités décentralisées dont l'essentiel se trouve indiqué sous la forme de mesures administratives, sociales et économiques d'accompagnement du Programme d'Ajustement Structurel;

• la relance de la petite et moyenne entreprise par l'apurement partiel de la dette intérieure due aux Opérateurs Economiques sur la base des conclusions de l'audit mené à cet effet, par le Ministère des Finances;

· le paiement partiel des arriérés sociaux (salaires,

retraites et sécurité sociale, bourses etc...) de façon à \ garantir la paix sociale, indispensable à la mise en ~ oeuvre de la nouvelle politique économique consacrée par le Programme d'Ajustement Structurel.

La rigueur découlant de l'effort d'Ajustement Structurel ainsi décrit fort succinctement, appelle des mesures d'accompagnement reposant pour l'essentiel. sur la distribution la plus équitable possible du Revenu National. Une telle distribution doit permettre :

 

· la satisfaction des besoins prioritaires des populations;

· la participation de chacune des Communautés nationales à l'accomplissement de son propre destin;

l'adaptation de ces Communautés à l'environnement, tout en le préservant l'éclosion de leur génie créateur au profit du développement la prise en compte des exigences de la démocratie. C'est la décentralisation.

2- Mesures d'accompagnement du PAS : la Décentralisation

s'articule autour des objectifs suivants :

2.1- Amélioration des mécanismes de prise de décision, de suivi et de contrôle des activités décentralisées et de développement.

Ces mécanismes portent, tant sur l'extension et le renforcement d'actions techniques (communications informatisées, bureautique), que sur l'institution d'une fonction gouvernementale de type nouveau, reposant sur des organes de coordination.

Ces organes ou Comités interministériels permanents, permettront non seulement au Conseil des Ministres de prendre des décisions plus rapides, pré- négociées entre les intéressés et bien étayées par plusieurs ministères et organismes concernés, mais également, de tenir compte de l'interdépendance des objets de décision tant du point de vue politique que technique.

Cinq Comités paraissent ici essentiels :

Comité des Priorités et de la Planification; -Comité de la Législation (affaires juridiques); · Comité de la Réforme Administrative y incluant la gestion budgétaire et financière, la politique de gestion des agents de l'Etat et des Relations du travail dans les secteurs publics et privés;

Comité du Développement Economique; Comité du Développement Socio-Culturel La décentralisation, qui suggère la participation là où se déterminent les mesures qui concernent la vie des Congolais, confère au Gouvernement un rôle particulier de régulateur, d'harmonisateur et d'animateur par dessus tous les fiefs, les calculs et les partis pris.

Dans ces conditions, il est clair qu'au Gouvernement, nul ne devrait s'exprimer au nom de son parti, mais en fonction et dans les limites des objectifs définis par le Programme d'Union.

2-2 Amélioration de la qualité de la vie

L'amélioration de la qualité de la vie tant dans les agglomérations urbaines que dans les zones rurales passe, par des mesures propres à soutenir les initiatives en matière de santé, d'hygiène (eau potable) et d'amélioration de l'habitat à partir des matériaux locaux, d'entretien des routes agricoles et des structures scolaires d'encouragement des activités touristiques autour des sites et

réserves naturelles du Mayombe, du Mont Fouari , de la Léfini, de Mbomo et des chutes de la Foulakari.

De ce point de vue, il convient de noter que ces activités laisseront une place importante au tourisme de masse, surtout au bénéfice des enfants pour leur donner une meilleur connaissance de leur pays, de l’expérience des autres congolais, afin de mieux les comprendre et mieux les aimer

2.3- Développement et transformation de la production des ressources naturelles du pays grâce au progrès de la science et de la

technologie.

 

Partant de la décentralisation, appuyée elle même par la distribution équitable du Revenu National, la stimulation de la production agricole, l'exploitation des ressources naturelles et leur transformation pour créer des «utilités »(biens de consommation), grâce au progrès de la science et de la technologie, visent à satisfaire en priorité les besoins de notre peuple et à assurer avec la création d'un marché interne, la résorption du chômage et l'accès à la modernité.

Mais le progrès scientifique donne les éléments de solution à notre pauvreté, à nos pénuries. Il apporte sans cesse des possibilités nouvelles, mais ne fait pas le développement: ce sont les Hommes.

Le progrès matériel ou moral est l’œuvre des Hommes formés et nantis de la capacité de maîtriser, de gérer, de créer les « utilités « .

Nous plaçons donc au cœur de notre projet, et de notre politique la formation, orientée notamment vers la maîtrise de la créativité et, à la gestion de l'innovation qui en dérive.

Il est donc clair que la formation ainsi conçue ne s'arrête pas à la jeunesse, elle est affaire de toute la vie. Il n'y a là, cependant, rien d'original.

Toutes les familles politiques à ce que j'ai vu ou compris font de l'éducation et ." de la formation, une priorité, tout comme devrait l'être:

L’organisation d’un colloque sur cette question fondamentale en vue d’une réforme de notre système éducationnel pour l’orienter vers une institutionnalisation des liens Université-Secteur productif en vue de l’adéquation Formation-Emploi.

 

Il est dès lors clair, que notre projet de société s'attaque aux causes fondamentales de notre pauvreté, aux raisons profondes de nos pénuries, qui sont également, celles qui nourrissent le chômage, à savoir: 1'insuffisance de l'accumulation du capital, le délabrement du tissu économique, le manque d'organisation et d'aptitude à gérer, notamment les investissements.

Il devient alors évident, que la transformation de nos ressources naturelles abondantes par ailleurs, en dégageant des filières nombreuses, offrent les plus grandes chances au développement dans notre pays et à la résorption du chômage.

Ainsi, et à titre d'exemple, les transformations parmi les plus significatives porteront sur :

-les gisements d'argile et/ou de kaolin en vue d'une industrie de construction (carreaux, tuiles et /ou céramiques);

-le calcaire (de Mont Bello) riche en gypse, associé aux schistes peut conduire à des mélanges de nature à résoudre l'épineux problème de l'infrastructure routière;

-l'utilisation de l'huile de palme et autres oléagineux (arachides, safou etc ...) permet la création d'autant d'entreprises qu'il existe de filières révélées par la diversification des activités scientifiques: raffineries, savonneries, peintures, vernis, aliment du bétail, industries de fabrication de carburant etc..

Partant de ce qui précède, les principaux axes autour desquels devraient s'organiser les activités de développement, dans chaque région sont les suivants, une fois déterminés les pôles de développement

2.3.1 BOUENZA

· Relance des activités agro-pastorales avec industries connexes (canne à sucre, oléagineux, arbres fruitiers)

Promotion et valorisation de l'industrie de céramique à partir des réserves de kaolin. · Développement et extension de l'industrie minière.

· Relance d'activités de recherche agronomique (amélioration des sols, et des techniques pastorales).

2.3.2-CUVETTE

· Remise en état des palmeraies et valorisation des industries connexes

· Rentabilisation du projet hévéa-culture avec promotion d'une industrie connexe autour du latex,.des pneumatiques, montage des cycles etc..;

PromotIon des sîtes tounstiques de la réserve de la biosphère de Mbomo. Electrification des pôles de développement au travers d’un barrage hydroelectrique Rentabilisation et reprise des activités agricoles et de pêche.

2.3.3- KOUILOU

· Développement des activités agro-pastorales : bananeraies et ; industries connexes (bière, banane séchée ou en poudre), cocoteraies et ~ industries connexes; .

Rationalisation de la filière eucalyptus; I -Recherche et prospection minière avec une attention particulière aux schistes bitumineux du Mayombe en vue de l'amélioration des axes routiers du pays; Promotion de l'industrie touristique; -Organisation des activités de pêche; Construction du Barrage du Kouilou dans le cadre d'activités industrielles en concertation avec les pays voisins. 2.3.4- LEKOUMOU

· Relance des activités agro-pastorales avec industries connexes;

· Relance des activités de recherche sur les oléagineux dans le domaine de l'utilisation de l'huile de palme comme carburant; -Relance de I'hévéa-culture

· Exploitation des gisements de fer dans le cadre d'une

concertation avec les pays voisins

. 2.3.5-LIKOUALA

Relance des activités agricoles (en particulier culture du cacao) et ouverture d'une route agricole Ouesso-Epéna-Impfondo pour l'écoulement; -Développement de L'industrie touristique; · Création de l'industrie céramique à partir des gisements de Kaolin, après évaluation des réserves;

· Développement de l'industrie du bois en concertation avec les promoteurs de la Sangha; -Organisation des activités de pêche.

2.3.6 NIARI

· Relance des activités agro-pastorales avec industries connexes; bananeraies et industries connexes (bière, banane séchée ou en poudre);

Relancé des programmes de reboisement en Limba-Okoumé; -Développement de l'industrie touristique; Programme de conservation des sols et d'amélioration des techniques culturales; -Organisation des activités de pêche. 2.3.7 PLATEAU

Relance des activités agro-pastorales avec industries connexes; bananeraies et industries connexes (palmeraies, igname de Gamboma et pomme de terre de Djambala/Lekana avec industrie de conservation et de transformation); · Amélioration des systèmes culturaux

-Relance des travaux du barrage de la Mpama pour l’eau potable l’irrigation et l’énergie(nécessaire à l’industrie du froid dont a besoin l’industrie de transformation et de conservation de la pomme de terre et de l’igname

· Organisation des activités de pêche(à ngo/Mpouya)

2.3.8-POOL

· Relance des activités agro-pastorales;

· Développement de l'arboriculture fruitier avec industries connexes (conservation et transformation: jus de fruit, fruits séchés, alcool, confiseries);

Relance du gros élevage avec embouche à Mindouli ; -Développement de l’industrie céramique Développement de la culture du lippia et industries connexes ; -Programme de conservation et d’amélioration des sols. 2.3.9- SANGHA

· Remise en état de la palmeraie et industries connexes

· Remise en état des cacaoyères et industries connexes ;

· reprise et développement des activités pastorales sous palmiers ;

· Développement de l'industrie du bois en association avec les promoteurs de la Likouala; -Organisation des activités de pêche.

2.4 Modernisation de l’arrière pays et unité nationale

De manière générale, l'effort en faveur de la modernisation de l’arrière pays, la marche vers l'unité nationale s'opéreront par

-Le soutien d'une politique hardie de l’habitat et de construction d'infrastructures routières et fluviales adéquates;

L'institution de communes de plein exercice dans le les localités frontalières, pour une prise en charge responsable des citées concernées en matière d'hygiène, d'habitat à coût modéré d’alimentation en eau potable, d'assainissement ,d'électrification bref d’urbanisation.

· La création de centres régionaux de Recherche/Développement (R/D), avec une attention particulière dans les domaines de la pharmacopée traditionnelle et pour des essais d'adaptation;

· l’installation de chaîne de froid indispensable aux industries de conservation et de transformation prenant en compte les aspects de formation en maintenance , en fabrication de matériels adaptés;

· L'établissement d’un réel réseau moderne de communication (traitement de l'information en bureautique),l’informatique et les télécommunications feront l’objet d’une attention particulière pour le désenclavement et l’unification du pays tout entier .ce programme permettra non seulement d’orienter, de suivre ,d’évaluer et de contrôler les activités de décentralisation, mais également d’ouvrir le pays sur le monde extérieure

L'ensemble de ces mesures, complétées par l'instauration d'une célébration rotative des fêtes nationales au profit de chaque région (ou groupe de régions), devrait aboutir au renforcement de la cohésion dans notre société polyethnique, à la conscience de la nécessaire interdépendance entre ces régions, et de leur appartenance à une même Nation.

D'une manière plus spécifique, s'agissant des actuelles Communes urbaines, il s'agit d'établir et faire respecter les plans directeurs de développement urbain, de promouvoir l'habitat à coût modéré, tout en assurant avec une sécurité renforcée, un service adéquat d'alimentation en eau potable, d'assainissement, de voirie, d'hygiène et autres travaux d'utilité publique.

Telles sont les tâches, parmi les plus urgentes qui reviennent au Gouvernement d'Union Nationale appelé à régler dans le détail la vie quotidienne des congolais organisés, ou à organiser dans les régions, berceaux de notre patrie, le Congo.

Il revient alors aux Partis de s'accorder sur un programme de Gouvernement, dont les grandes lignes viennent d'être dégagées, pour être suggérées aux autres partenaires ou Partis soucieux de la nécessité d'un effort collectif à la mesure des enjeux

La situation désastreuse actuelle, impose une approche d'union pour balayer les inquiétudes, réveiller l'espoir, mobiliser les énergies, conduire le progrès, asseoir la paix garante de la modernisation et du développement de notre pays.

II PROGRAMME DE RELANCE ECONOMIQUE(Programme spécifique du candidat)

Congolaises, congolais, ayant ainsi donné les grandes lignes d'une stabilisation sur lesquelles les Partis devraient s'accorder,

Je sollicite vos suffrages pour la Magistrature suprême dans notre pays.

Mon devoir est de veiller à votre quotidien et à la réalisation du projet de société déjà approuvé par nombre d'entre vous. Je le ferai de toutes mes forces.

Mon rôle est aussi de vous soumettre un projet de société qui m'engage solennellement auprès de vous pour les cinq années à venir, afin de relever décidément notre pays

Ayons en vue que si le Congo est notre berceau, (notre patrie), sur lequel doit porter toute notre attention, la relance de son économie exige la définition de grands choix en Afrique et avec l'Afrique.

L'Afrique devient alors notre salut, à même d'assurer et de garantir notre devenir dans le cadre du concert des Nations.

Le projet qui donne ce double cadre m'engage auprès de vous. Il s'ordonne autour de grands travaux de l'Etat que justifie la modalité retenue dans le cadre de la reconversion suggérée de notre dette: le rachat/investissement. Mais il s'attache également à révéler les espérances de l'Afrique à la notion de démocratie, dont le contenu appelle une clarification certaine de la Coopération Régionale.

La Stabilisation de nos économies étant en cours de réalisation, il convient de donner "une âme" à la Coopération Régionale pour réaliser "un réel espace économique unique" notamment entre les partenaires déjà engagés dans une union monétaire au sein "dudit espace".Toutefois un marché unique ne constitue pas à lui seul la coopération régionale. Son efficacité peut et doit être renforcé par des politiques et des actions communes, en particulier dans le domaine des transports, communications et énergies.

1- En matière de transport et communication

1.1. Réhabiliter l'axe TRANSEQUA TORIAL pour donner à la RCA au sud du Tchad, au sud Cameroun, au sud Gabon, au nord Cabinda, au Zaïre et à l'Afrique Australe un accès direct sans rupture de charge sur un port en eau profonde.1.2 Engager des négociations pour construire une autoroute à péage entre Brazzaville et Pointe-Noire avec bretelle sur le Cabinda, le sud Gabon et le sud Zaire, et l’établissement d’un pont Route/Rail sur le fleuve Congo en accord avec les autorités zairoises

1.3- Relancer les travaux de construction du barrage de Sounda en partenariat pour pallier à la faiblesse du barrage de Moukoukoulou (Bouenza), et satisfaire les besoins en énergie des diverses activités agro-industrielles suggérées, ainsi que les activités sidérurgiques à négocier avec les pays voisins.

1.4- Construire deux aéroports internationaux d'éclatement de fret aérien à Brazzaville et de fret aérien et maritime à Pointe Noire, couplés d'installations de maintenance, pour servir de point de départ de fret vers les pays frères (déjà identifiés)

1.5- Ouvrir des négociations en vue de réhabiliter le CFCO entre Dolisie et Brazzaville

1.6- En conclusion, toute cette activité justifiée par le rachat de nos créances reposera sur la création d'une zone franche de transit à Pointe-Noire dont le port présente des atouts majeurs (eau profonde, large superficie, absence de houle).La chaîne de transit du Congo s'articulera ainsi autour de :

un port maritime en eau profonde et en zone franche; · deux aéroports internationaux d'éclatement de fret aérien à Brazzaville, aérien et maritime à Pointe-Noire

· une voie fluviale donnant ainsi au Congo des prolongements divers en direction des régions et des pays du Nord (Tchad, Centrafrique, Zaïre) et d'Afrique Australe;

· une autoroute Brazzaville PointeNoire;

· un chemin de fer Brazzaville -Pointe-Noire

2- En matière d'énergieUne concertation devrait être entreprise dans le cadre pétrolier et énergétique pour la valorisation du barrage du Kouilou, des raffineries de préférence privatisées de la Côte Atlantique en vue d'une politique énergétique continentale en direction des pays voisins et d'Afrique Australe privés de ces ressources.

Pour conclure

3- Les défis de la Démocratie

Congolaises, Congolais, mes chers compatriotes, le programme de relance qui

vous est proposé est la suite logique du plan de Stabilisation, qui vise à sortir le Congo d'une situation de crise grave, tandis que la relance sera la conséquence logique d'une confiance retrouvée en vous-mêmes mais, aussi, en vous par nos partenaires extérieurs.

Dès lors, trois défis s'imposent à nous :

3.1 Le premier se réfère à la transition démocratique. Il s'agit d'une phase de référence par laquelle on juge le devenir de la Démocratie; si on admet en effet, que durant cette phase de nombreux problèmes pourraient être aplanis, sans trop de passion de manière consensuelle.

Il se trouve, qu'au Congo la Transition aura été un échec à maints égards et dans bien de domaines.La diversité des opinions ou de sensibilités. voire des intérêts antagonistes rendront donc difficiles les premiers pas dans la démocratie naissante. Compte tenu de la situation très préoccupante dans tout le pays et à maints égards.

Le moment est donc venu d'engager un combat politique dont l'issue commandera pour longtemps l’avenir du pays et le sort de l'immense majorité de nos concitoyens.

Il s'agit d'obtenir des leaders politiques aujourd'hui responsables. de se dépasser en pensant aux misères de leurs mandants pour accepter la réalisation d'un Gouvernement d'Union Nationale. C'est un défi: notre défi d'assurer la paix sociale garante du développement de notre pays.

3.2 Notre deuxième défi consiste à réserver de manière systématique une place de choix à l'éthique, au civisme, à la solidarité. à la considération de l'excellence dans un travail toujours bien ou mieux fait. dans une bonne gestion du temps et la nécessité de l’effort(physique et moral)

Il va sans dire que. des notions 'telles que l'Etat de droit. le sens des responsabilités. la capacité de s'assumer et d'avoir le courage de ses opinions. La reconnaissance de droits pour les femmes, égaux à ceux des hommes sur le plan professionnel" patrimonial et dans les responsabilités politiques. le respect des personnes du troisième âge et des personnes handicapées, associés aux valeurs précédentes notamment. à la systématisation du consensus faisant ressortir des libres accords politiques. conféreraient, j'en suis persuadé. un contenu original à la Démocratie"en Afrique. disons le sincèrement et honnêtement ."un African Way of Life. Pour ma part, j'y souscris et m'y emploierai de toutes mes forces.

3.3 Prêts à produire, à transformer, à vendre, les Congolais seront prêts à acheter et à consommer. L'effort de modernisation. d'intégration économique en Afrique et au marché international sont à ce prix

Mais, le problème est de se demander si nous devons automatiquement. nous intégrer au marché international ? Il y a là plus qu'un choix, tel est notre troisième défi.

Il s'agit en fait de définir la place de la Coopération internationale dans cette phase de Stabilisation prélude à l'Ajustement structurel.

L'exercice pour nous, pays en développement est périlleux, car marginalisés et absents à tous les niveaux où se' définissent les mécanismes qui régissent l'économie mondiale.

Il est dès lors clair que tout programme d'ajustement structurel, dans des pays

Comme le nôtre, pour être efficace et réaliste devrait, à défaut de mesures de démocratisation de la vie économique internationale, bénéficier d'une aide accrue pour transformer nos structures économiques et administratives,

maîtriser les capacités technologiques de mise en valeur de nos ressources et enfin, protéger nos industries naissantes fragiles avant toute intégration au marché international.

Mes chers compatriotes, telles sont les raisons objectives d'un large consensus national, garant d'une paix sociale et d'une négociation sur un pied d'égalité. de" programmes d'ajustement qui nous sont applicables.

I,'ambition du projet qui m'engage devant vous est évidente. II est à la mesure des défis auxquels nous sommes confrontés. Le soutien international stigmatisé ci-dessus nous est acquis si nous maintenons le cap sur la démocratie politique. , économique et sociale, laquelle est un mythe sans la paix sociale.

Il faut peuple Congolais oser, oser balayer nos inquiétudes, réveiller nos espérances, mobiliser nos énergies pour conduire le progrès, et asseoir tout notre développement dans une Société plus juste, avec des femmes, des hommes et une jeunesse plus solidaires.

Qui le fera sans un projet de Société audacieux. sans ambition ? Aujourd'hui. vous les avez. Ils vous sont offerts.

Nous gagnerons si nous sommes unis et par dessus les calculs et les partis pris. je sais devoir compter sur vous.

" Aimer et connaître avec la Science et l'Amour ont fait le monde", nous. nous bâtirons le Congo moderne.

Vive la République. Vive le Congo

Pascal LlSSOUBA Juillet 1992

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